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  • Nicolino Frédéric

Un mystère !

Je sais bien que la philatélie est pleine de mystères pour beaucoup de non-initiés, mais les collectionneurs spécialisés, véritables chercheurs passionnés réunis au sein de l’A.C.C.P., se font une joie et un but de pouvoir les éclaircir les uns après les autres grâce au partage de leurs connaissances.

Il en est un qui me turlupine, et j’ai beau chercher, je n’y vois pas le début d’une explication. Mais comme je ne m’intéresse (de près) qu’au type Semeuse, et que cela rétrécit un peu mon champ de vision, je me suis dit que peut-être certains d’entre vous à l’esprit plus large pourraient m’aider.

Voici ce qu’il en est : cela concerne l’impression des carnets entre 1927 et 1928, période de la Semeuse lignée 50 c. rouge au type I. Comme nous répertorions depuis longtemps leurs dates d’impression en fonction des pubs et des séries de couvertures, nous avons une idée assez précise du travail de l’atelier du boulevard Brune.

Les carnets de ce timbre ont été fabriqués à partir de la mi-septembre 1926, en raison des besoins faisant suite au tarif de la lettre simple pour l’intérieur qui était passé à 50 c. début août, et s’est poursuivie quasiment sans interruption pendant un an, jusqu’à la fin septembre 1927.

Nous avons vu les séries de couvertures 111 à 137, pour des carnets datés Yvert 199 C15 + C16 + C12 + C1 + C11 + C10 + C7 + C6 + C5 + C3 (dans l’ordre, ou presque).

Et puis, plus rien !

Jusqu’au début février 1928, date où les tirages reprennent avec les séries 138 à 149, pour les carnets 199 C3 + C2 jusqu’en juin : on observe donc une longue période de 4 mois pleins, sans que nous n’ayons rencontré un seul carnet daté. C’est ce qui est très surprenant !

Ensuite, c’est le même timbre au type II B qui prend la suite de juillet 1928 jusqu’en mars 1931.

N’oublions pas que ces types n’ont été définis que bien plus tard par les philatélistes, et que pour l’administration, il s’agissait du même timbre.

Là encore, les carnets et les séries s’enchainent régulièrement, avec une seule interruption au début de 1929, lorsque la Semeuse laisse gentiment sa place pour quelques semaines à Jeanne d’Arc.

Pourquoi donc se serait-on arrêté d’imprimer des carnets d’octobre 1927 à février 1928 ?

Jamais nous n’avons rencontré une interruption similaire durant toute la période d’impression des carnets à plat !

Et cela fait des années que cela me chiffonne : il doit bien y avoir une raison…

Juste avant et juste après cet intermède, le carnet EVIAN 199 C3 était en cours d’impression.

Or, je viens d’en trouver un joli :



Et il est précisément daté du 10 décembre. L’année 1927 ne fait aucun doute, du fait de sa série 134.

C’est donc le premier carnet rencontré après des années de recherches, des centaines de dates déchiffrées, à avoir été imprimé durant le fameux intermède qui me pose souci !

On ne peut donc plus dire que l’impression s’est totalement interrompue durant 4 mois, mais tout de même : est-ce que quelqu’un aurait l’amabilité de nous trouver une explication ?

Peut-être un collectionneur d’autres timbres de cette période ?

Peut-être un spécialiste des tarifs, ou des textes officiels ?

On peut tout imaginer :

- une panne technique survenue à l’atelier ?

- un souci d’approvisionnement en papier, en encre, en gomme, ou en agrafes ?

- une grève ou un manque de personnel ?

- des essais d’impression rotative ?

- et pourquoi pas une fâcherie avec Carlos Courmont ?


Qui sait ?...

Toutes les réponses et toutes les hypothèses sont les bienvenues !


Frédéric Nicolino




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